Halloween pas comme les autres

L’Halloween est l’une des fêtes les plus appréciées des enfants, et même souvent des parents.  Par contre, elle peut paraître moins agréable lorsque sa célébration tombe en plein milieu de la semaine comme nous l’avons vécu cette année.  Pourtant, comme on l’enseigne chez EME tout est une question de perspective… Je vous invite à lire le scénario qui suit et vous comprendrez pourquoi nos quotidiens se déroulent principalement en fonction des émotions que nous vivons, nous les parents.

Nous sommes dans la routine du matin de l’Halloween et les enfants doivent se costumer pour aller à l’école.  Ma fille, qui accorde tant d’importance à cette journée, reste là, à la table. Elle rêvasse et dessine, question de vivre pleinement sa créativité du moment présent. Elle ne semble pas envisager qu’une situation de stress nous guette et que le reste du matin puisse dégénérer en crise émotionnelle!  Pendant ce temps, vous l’aurez devinez, le temps passe. Et je vous jure que pour une raison qui m’échappe, le temps passe plus vite chez-moi que nul part ailleurs!!

Il nous reste tout au plus 15 minutes avant l’heure du départ pour l’école.  Je sens la tension monter en moi, mes muscles se crispent, je m’agite sur ma chaise, ma respiration devient superficielle.  Avant même d’en prendre conscience, des pensées et des peurs surgissent de partout dans ma tête…”on va être en retard”, “elle n’aimera pas ses cheveux et son costume”, “on aura droit à une crise c’est certain, c’est toujours comme ça que ça se termine”. Bref, je suis déclenchée… Et c’est sur cette dernière phrase qu’un drapeau blanc vient éclaircir mes pensées. Stop!  “RAPPEL”… “RAPPEL”… Et je fais les 3 étapes. Mes contractions musculaires disparaissent, ma respiration reprend un rythme calme. Je relâche l’anse de ma tasse de café qui devient soudainement réconfortante. Je réalise qu’il n’y a pas d’état d’urgence, ma fille ne prend même pas l’autobus ce matin! Je me tourne vers elle et je constate les magnifiques illustrations de femmes qu’elle est en train de dessiner à main levée.  Je la complimente, elle me regarde avec un beau sourire de fierté : nous sommes bien. Je lui rappelle que nous devons maintenant nous préparer. Et là, à ma grande surprise, la magie continue d’opérer. La collaboration et la simplicité sont au rendez-vous.

Elle enfile le costume créé il y a plusieurs semaines, qui trainait dans le fond du garde-robe.  Elle ajoute quelques accessoires pour rehausser son allure de zombie et entame l’élément crucial et critique selon moi:  les cheveux. J’insiste sur cet élément de l’histoire, car il résonne très fort dans ma tête. Je réalise que c’est probablement une des sources de mon déclenchement dans l’histoire.  Être satisfaite de mes cheveux, peu importe la situation, a toujours été un but inatteignable pour moi, et une source de stress. Donc, quand je me retrouve dans un contexte similaire, je projette que cette personne aille les mêmes appréhensions que moi. J’arrive même à ressentir la frustration qui m’habitait lorsque j’étais petite devant le miroir.  Je n’arrivais pas à être contente de ma “peignure”!

Grâce à ce bon “RAPPEL”, je poursuis mes préparatifs sans trop m’attarder à mon petit zombie.  Et c’est à ce moment qu’elle apparaît dans le vestibule toute prête, cheveux entremêlés à son goût, maquillage et taches de sang improvisées qu’elle me montre avec fierté, bref, elle est vraiment satisfaite de son costume! Pour elle, tout est parfait… C’est moi qui avait des attentes élevées vivant ainsi la pression qui y était rattachée.

Aussi simplement que ça, nous partons pour l’école de bonne humeur comme une journée ordinaire.  Pour moi, c’était loin d’être un matin ordinaire… Je venais de bien comprendre l’idée de la théorie enseignée par EME : le cerveau est une machine à reproduire ce qu’elle a déjà vécu. Lorsqu’un contexte similaire se présente à nous, des réactions programmées d’avance, des “pattern” se produisent tout seuls de façon inconsciente. La machine est prête à faire comme avant, comme les autres matins d’Halloween que nous avons connus, comme les autres fois où des cheveux étaient en cause. Ces “pattern” qui nous habitent depuis notre enfance, se logent dans notre mémoire implicite, prêts à faire surface aussitôt qu’un élément d’un contexte connu surgit.  Et bien ce matin, j’ai eu la preuve que nous jouons un rôle important dans la création des “pattern” de nos enfants. Nous sommes les metteurs en scène de la vie présente de nos enfants, mais également de leur vie future. Pouvons-nous changer? Pouvons-nous effacer ces “pattern”? Je peux vous répondre que oui! Prenez conscience de ce que vous vivez, accueillez vos pensées, faites-vous des “RAPPELs”. Faites-vous du bien dans le moment présent, dans le même contexte. De cette façon, le cerveau peut programmer une nouvelle réponse à un ancien contexte. C’est une garantie de moments présents agréables, de futurs merveilleux pour vos enfants, car sa vie aura démarré avec les “bons pattern”.

Une mère pleine d’espoir…